Relation sociale
Les perturbations de la relation sociale se traduisent par des comportements déviants dont l’expression peut varier considérablement d’un sujet à l’autre. Chez les uns, c’est l’apparence d’une indifférence qui domine, parfois accompagnée d’un évitement du contact physique. Chez les autres, ce peut être davantage des réactions excessives d’agrippement, même s’ils présentent indubitablement des déficits dans les capacités de réception et d’expression lesquelles sont à la base de l’interaction.
Dans les premiers mois, les bébés normaux, qu’on appellera neurotypiques démontrent des signes sociaux comme de se tourner en direction de leur mère en entendant sa voix, de lui attraper le doigt, ou de gazouiller en la regardant, contrairement aux enfants autistes. Ces derniers ne se retournent pas lorsqu’ils sont interpelés par leur nom ni ne font de babillage pour attirer l’attention de leurs parents. L’absence ou le retard de langage sera souvent une des premières inquiétudes des parents. Lorsque le langage est suffisamment fonctionnel, la première motivation de la communication pour l’enfant autiste est de donner de l’information (de nombreux détails), sans s’assurer d’avoir créé le contact nécessaire pour que son interlocuteur puisse le suivre (soit de vérifier sa disponibilité, son intérêt et ses connaissances préalables). La maladresse s’observe également par le contenu des conversations qu’il amorce à partir de son intérêt, ne sachant pas comment commencer la discussion
Les parents décrivent souvent un manque d’empathie ou une maladresse dans la façon dont leur enfant s’exprime. Démontrer des gestes d’empathie demeure pour ces enfants un défi de taille, puisqu’ils ne savent pas quels gestes poser pour remédier à une situation. Ils sont d’ailleurs moins enclins à partager leurs intérêts et leur plaisir. Le geste de solliciter le parent pour qu’il participe à sa propre activité est le plus souvent absent lui aussi.
Les enfants autistes démontrent habituellement un intérêt pour les activités se pratiquant seul ou en petits groupes pendant un temps limité. Ainsi, il n’est pas rare que ces enfants s’amusent avec leurs cousins lors d’une fête familiale et qu’on les retrouve à jouer seul au cours de la soirée pour reprendre leur énergie
C’est justement parce qu’ils ne savent pas s’y prendre et qu’ils interprètent de manière erronée les situations, ou qu’ils deviennent vite profondément ennuyeux, qu’ils se retrouvent à part des autres et leur frustration est telle qu’ils peuvent développer un « désordre de l’humeur » de type anxieux-dépressif, secondaire à cette problématique. Ils ne sont pas en effet bien outillés pour faire face aux exigences de l’adolescence.